Les chiffres donnent le vertige. 13 milliards d’euros : c’est le montant estimé de la fraude sociale selon le Haut Conseil des finances publiques. Face à cette hémorragie, l’État ne parvient à détecter et stopper que 2,1 milliards d’euros. Un gouffre béant qui représente plus de 10 milliards d’euros perdus chaque année.
« On ne récupérera pas 13 milliards d’euros en claquant des doigts », reconnaît la ministre dans les colonnes du Parisien. Mais Catherine Vautrin ne compte pas s’arrêter là. Son projet de loi, attendu pour l’automne, vise large : la fraude sociale et fiscale dans le même texte.
Car au-delà des 13 milliards sociaux, la fraude fiscale représente entre 60 et 80 milliards d’euros, dont seulement 16,7 milliards détectés. Un fléau qui saigne les finances publiques et que la ministre entend combattre avec des armes nouvelles.
La déclaration de guerre est officiellement lancée.

Les Entreprises Dans Le Viseur : 56% De La Fraude Sociale
Cette guerre a un ennemi principal : les entreprises. Le rapport du Haut Conseil des finances publiques est implacable. 56% de la fraude sociale provient des entreprises et travailleurs indépendants. L’Urssaf, première victime avec 53% des préjudices, saigne à gros bouillons.
« Ce secteur économique est l’enjeu majeur de la lutte contre les fraudes sociales », martèle le rapport officiel. Catherine Vautrin change de stratégie. Fini le simple contrôle et la surveillance. Place à la récupération massive de l’argent fraudé.
La ministre dévoile ses armes. Faciliter la communication entre les différentes caisses pour traquer les « multi-fraudeurs ». Ces professionnels de l’arnaque qui cumulent les escroqueries auprès de plusieurs organismes sociaux. Le filet se resserre.
