Bayrou n’a pas mâché ses mots en évoquant le mois de mai, qualifié de « gruyère », entre ponts, jours fériés et viaducs. Pour le Premier ministre, cette configuration pèserait lourdement sur la dynamique de travail et l’organisation des entreprises. Il veut ainsi éviter, selon ses mots, « les journées de solidarité mal encadrées », préférant des décisions franches, concrètes et quantifiables.

En opposition à des dispositifs flous, comme la journée de solidarité instaurée dans les années 2000, Bayrou souhaite une mesure claire, applicable à tous, sans ambiguïtés. Il affirme vouloir « combattre le désenchantement face au travail » en redonnant du sens aux efforts collectifs.
Une levée de boucliers immédiate
Sans surprise, la réaction de l’opposition n’a pas tardé. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a dénoncé une « attaque directe contre notre histoire, contre nos racines, et contre la France du travail ». Il a affirmé sur X (ex-Twitter) que « aucun député RN n’acceptera » cette suppression, qu’il considère comme une provocation symbolique et politique.
Le message est clair : la bataille politique autour de cette proposition ne fait que commencer. À gauche comme à droite, de nombreuses voix s’élèvent pour défendre ces jours fériés comme des repères identitaires, historiques et sociaux.
Une idée aux conséquences explosives

Plus largement, cette proposition soulève une question sensible : peut-on sacrifier des jours de mémoire ou de tradition pour répondre à une logique économique ? Pour certains, cette approche technocratique ignore le poids du symbole. Pour d’autres, elle pourrait constituer un pas nécessaire vers une refonte du rapport au travail.
Dans un contexte social déjà tendu, et alors que les débats sur la valeur travail, le sens des congés et la mémoire nationale traversent la société française, la suppression de jours fériés pourrait cristalliser bien plus que des désaccords de calendrier. Elle pourrait devenir le symbole d’un clivage profond sur la manière dont la France envisage son avenir.
