Cette exigence se retrouve dès les vendanges. Les grappes sont observées puis triées manuellement, tandis que les grains abîmés sont écartés. Dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré, l’ancien restaurateur expliquait que tout commence par la recherche d’un raisin de qualité, exactement comme un plat réussi repose sur de bons ingrédients.
Son passé professionnel influence également certaines préparations employées dans les vignes. Le vigneron utilise notamment des infusions, des décoctions et différentes huiles essentielles. La carotte, le fenouil, la cannelle, le clou de girofle ou encore le poivre de Timut font partie des ingrédients qu’il détourne de leur usage culinaire pour les intégrer à son travail viticole.
Benoist Gérard s’inscrit dans une démarche inspirée de la biodynamie. Cette méthode accorde une place centrale à la vie des sols, aux rythmes naturels et à des préparations spécifiques destinées à accompagner les plantes. Son vignoble repose ainsi sur un travail régulier et minutieux, difficilement compatible avec des horaires fixes ou de longues périodes d’absence.
Le domaine produit plusieurs vins, principalement à partir de grenache et de syrah. Certaines cuvées proviennent de parcelles distinctes, comme Les Naudières ou Les Deux Ânes. La production confidentielle a progressivement trouvé sa place auprès d’amateurs et de professionnels de la gastronomie, prolongeant ainsi les liens de Benoist Gérard avec son ancien métier.
Une activité exercée sept jours sur sept
Cette reconversion exige cependant un investissement quotidien. La vigne ne suit ni les week-ends ni le calendrier des tournages de son épouse. Taille, entretien des sols, traitements, surveillance des raisins, vendanges et vinification se succèdent au fil des saisons. Benoist Gérard affirme donc travailler sept jours sur sept, particulièrement pendant les périodes les plus intenses.
C’est dans ce contexte qu’il a évoqué, avec humour, le « grand désespoir » de Mimie Mathy. La formule ne traduit pas un différend sérieux entre les époux. Elle souligne surtout la place considérable prise par le domaine dans l’emploi du temps du vigneron, qui reconnaît lui-même ne jamais vraiment interrompre son activité.

