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20 août 2026

Avoir 2 enfants est encore la norme pour les Français, mais cela pourrait bientôt changer, selon une étude de l’Ined

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Entre 2014 et 2024, le taux de fécondité en France est passé de 2,0 à 1,6 enfant par femme, franchissant un seuil critique pour le renouvellement des générations. Loin d’un accident conjoncturel, cette baisse s’inscrit dans une dynamique structurelle, révélant une mutation des désirs individuels et collectifs. L’Ined constate une déconnexion croissante entre les politiques natalistes et la réalité des choix des jeunes générations.

Les jeunes adultes souhaitent moins d’enfants

Chez les femmes de moins de 30 ans, le nombre moyen d’enfants souhaités a chuté de 2,5 à 1,9, une baisse considérable en à peine deux décennies. Si la famille avec deux enfants reste la norme majoritaire dans l’imaginaire collectif, elle est désormais perçue comme un plafond plutôt qu’un plancher. En 2024, 65 % des 18-49 ans estiment que deux enfants est le « nombre idéal », contre seulement 47 % en 1998. La norme glisse doucement vers un équilibre plus restreint, où la parentalité devient un choix raisonné, voire réservé à certains.

Les familles nombreuses en voie de disparition

Le déclin du désir de familles nombreuses est encore plus frappant. En 1998, la moitié des Français de 18 à 49 ans souhaitaient trois enfants ou plus. En 2024, ils ne sont plus que 29 %. Chez les jeunes de 18 à 29 ans, la tendance est encore plus marquée : seuls 10 % des hommes et 16 % des femmes souhaitent trois enfants, quand 20 % des jeunes hommes et 14 % des jeunes femmes se contenteraient d’un seul. Ce basculement laisse entrevoir une descendance finale nettement réduite pour les générations nées après 1985, selon les prévisions de l’Ined.

Une inquiétude généralisée face à l’avenir

Mais qu’est-ce qui pousse les Françaises et Français à revoir à la baisse leur désir d’enfants ? Pour l’Ined, la baisse des intentions de fécondité n’épargne aucun groupe social : elle touche toutes les catégories, sans distinction de sexe, d’âge, de niveau de diplôme, de milieu socio-économique ou d’origine. Ce qui évolue, en revanche, ce sont les représentations et les inquiétudes face à l’avenir.

La crise climatique, la dégradation des conditions économiques, la peur d’un avenir plus sombre pour les générations futures, l’angoisse démocratique, voire les mutations géopolitiques, sont autant de facteurs freinant le désir d’enfanter. Parmi les personnes très inquiètes pour l’avenir, seules 35 % envisagent d’avoir (ou d’avoir encore) un enfant, contre 46 % chez les moins inquiètes.

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