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24 août 2026

Auchan la licencie pour « chariot de complaisance » à cause de 85 centimes d’écart dans sa caisse

La salariée et l’union locale de la CGT de Tourcoing ont présenté la sanction comme disproportionnée. Pour Stéphanie, le seul préjudice matériel clairement constaté correspondait au pot de sauce tomate non scanné. Elle disait avoir le sentiment de perdre son emploi pour une erreur portant sur 85 centimes.

Son licenciement pour faute grave la privait notamment de préavis et d’indemnité de licenciement. Soutenue par le syndicat, elle avait alors envisagé de saisir le conseil de prud’hommes afin de contester la rupture de son contrat de travail et de faire reconnaître le caractère abusif de la décision.

Auchan évoquait un « chariot de complaisance »

Auchan contestait toutefois la présentation selon laquelle la salariée aurait été renvoyée uniquement pour ne pas avoir vu le pot de sauce tomate. Pour la direction, le cœur du dossier concernait l’intervention réalisée sur le ticket de caisse et non la seule valeur de l’article non scanné.

L’enseigne accusait Stéphanie d’avoir accordé à la cliente une réduction injustifiée sur les paquets de pâtes. D’après cette version, quatre paquets auraient été laissés dans le chariot alors que seulement deux figuraient encore sur la facture après l’annulation. La direction considérait cette intervention comme une manipulation volontaire.

Dans le vocabulaire de la grande distribution, un « chariot de complaisance » désigne des marchandises volontairement laissées à un client sans paiement complet, avec la complicité présumée d’un membre du personnel. Auchan estimait ainsi que la relation de confiance nécessaire à l’exercice du métier d’hôtesse de caisse avait été rompue.

Stéphanie rejetait fermement cette accusation. Elle soutenait que la cliente avait effectivement retiré deux paquets de pâtes de ses achats et qu’aucune promotion irrégulière n’avait été accordée. Les images de vidéosurveillance et leur interprétation se trouvaient donc au centre des versions contradictoires présentées par les deux parties.

La direction évoquait également une accumulation d’éléments et l’absence d’explications jugées satisfaisantes au cours de la procédure. La salariée maintenait, de son côté, qu’elle n’avait retiré aucun avantage personnel de l’opération et n’avait jamais eu l’intention d’aider la cliente à frauder.

La procédure finalement annulée par Auchan

L’affaire a rapidement dépassé le cadre du magasin. Une pétition demandant la réintégration de la salariée a recueilli près de 6 000 signatures, tandis qu’une mobilisation réunissant plusieurs dizaines de personnes a été organisée devant l’enseigne avec le soutien de la CGT.

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