L’arrivée de plusieurs centaines de migrants à Ceuta a ravivé les tensions entre Rome et Madrid. À la suite de ces traversées irrégulières depuis le Maroc vers l’enclave espagnole, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a affirmé que son gouvernement était prêt à examiner des mesures d’exception, allant jusqu’à envisager une suspension de l’application de l’accord de Schengen avec l’Espagne.
Dans un message diffusé jeudi, la dirigeante italienne a expliqué que les autorités compétentes avaient été réunies afin d’évaluer la situation. Selon elle, les scènes observées à Ceuta seraient particulièrement préoccupantes, estimant que l’Italie ne pouvait rester passive face à cette nouvelle pression migratoire.

Ces déclarations interviennent alors que les arrivées de migrants dans cette enclave espagnole située sur le territoire africain connaissent une forte augmentation, suscitant des inquiétudes au sein de plusieurs pays européens.
Les responsables italiens durcissent leur discours
Plusieurs membres du gouvernement italien ont affiché une position similaire à celle de Giorgia Meloni. Le vice-président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, s’est lui aussi prononcé en faveur d’une fermeture de l’espace Schengen avec l’Espagne.
Le chef de la diplomatie italienne a notamment estimé que certaines décisions prises par Madrid en matière de régularisation de migrants auraient pu constituer un facteur d’attractivité supplémentaire. Selon lui, l’octroi de la nationalité espagnole à plusieurs centaines de milliers de personnes en situation irrégulière encouragerait indirectement les réseaux de trafic de migrants, en laissant espérer un accès facilité au territoire européen.

