Dans le téléfilm « Mort d’un berger », adapté du roman de Franz-Olivier Giesbert, Anny Duperey incarne une mère brisée par la perte de son fils. Un rôle poignant que l’actrice maîtrise avec une finesse rare, portée par sa propre histoire, même si la fiction n’est pas directement inspirée de sa vie. À l’écran, elle donne chair à la souffrance maternelle avec une justesse bouleversante, témoignant une fois encore de son immense talent.
Le drame fondateur de son enfance

Si Anny Duperey parvient à transmettre tant d’émotion dans ses interprétations, c’est sans doute parce que la douleur, elle l’a connue très tôt. À l’âge de neuf ans, elle perd tragiquement ses deux parents, victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone. Un événement traumatique qu’elle a mis des années à aborder, avant de le coucher sur papier dans son autobiographie Le Voile noir, publiée en 1992. Ce livre, devenu un témoignage bouleversant, lève le voile sur une blessure encore vive : « Ce drame m’a marquée à jamais », confie-t-elle souvent.
Un refus de maternité comme cri du cœur

Longtemps, cette tragédie a influencé ses choix de vie, y compris son refus d’avoir des enfants. Anny Duperey a cru, un temps, que la filiation n’était pas faite pour elle. Ce n’est qu’après sa rencontre avec Bernard Giraudeau, avec qui elle partagera quinze années de vie, que cette position évoluera. Il lui aurait dit un jour : « Le refus d’enfant à ce point, c’est une forme de suicide », une phrase qui l’aurait profondément ébranlée. Ensemble, ils auront deux enfants, Gaël et Sara.
Une grand-mère au rôle élargi

Aujourd’hui, Anny Duperey est aussi une grand-mère comblée, avec six petits-enfants. Mais son engagement familial va au-delà : elle veille également sur les filles de sa nièce, dans un rôle de grand-mère de cœur, depuis la disparition de sa sœur. Cette fibre familiale, nourrie par les pertes et les silences du passé, s’exprime chez elle par une tendresse vigilante et une forme de protection discrète mais constante.
