Après une carrière ininterrompue débutée dans les années 60, Alain Duhamel a présenté sa dernière émission sur BFMTV. Ce moment marquant sonne comme une fin de règne pour l’un des derniers géants du commentaire politique. L’homme, au verbe ciselé et à la mémoire encyclopédique, reconnaît sans détour l’ambivalence de cette transition.
« J’avais un mode de vie extrêmement strict et je vais découvrir la liberté », a-t-il déclaré dans un entretien au Figaro. Mais cette liberté tant attendue suscite déjà un trouble intérieur, presque une angoisse existentielle : « Je serai peut-être très déçu… » confie-t-il.
La peur du vide après une vie bien remplie
Loin de se contenter de l’enthousiasme poli qu’on prête souvent aux retraités, Alain Duhamel évoque, avec une rare sincérité, une crainte plus sombre : celle de mourir. « Peut-être que, comme beaucoup de gens qui ont beaucoup travaillé… ça va me faire mourir », lâche-t-il. Cette lucidité brutale, teintée d’une forme d’humour noir, souligne à quel point sa vie professionnelle a constitué son ossature identitaire.
Pour autant, il ne disparaît pas totalement de la scène médiatique. Il compte continuer à livrer ses analyses, mais de façon allégée. L’éditorialiste endossera désormais un rôle plus discret, hebdomadaire, qu’il considère comme un simple “hobby”.
Une pression conjugale salvatrice

Derrière ce retrait partiel, il y a aussi la voix de l’intime. Celle de France, son épouse, qui a milité – avec vigueur – pour qu’il ralentisse le rythme. « Il fallait que je divorce, soit avec BFM, soit avec ma femme. Elle m’a menacé », a-t-il confié sur BFMTV, dans un podcast enregistré à l’occasion de son départ.
C’est elle qui, lassée du réveil matinal et de l’agenda saturé, a imposé le virage. Le couple ne cache pas que cette décision a été discutée, voire disputée. Mais au fond, c’est un soulagement partagé qui émerge, celui d’un quotidien à réinventer, enfin.
