Deux ans après la mort de Nahel Merzouk, tué lors d’un contrôle routier à Nanterre, une nouvelle décision judiciaire relance le débat autour de cette affaire devenue emblématique des violences policières en France.

La cour d’appel de Versailles a modifié la qualification des faits, provoquant une vive réaction de la famille du jeune homme et de son avocat. À la suite de la décision rendue par la cour d’appel de Versailles, l’avocat de la mère de Nahel Merzouk a exprimé une profonde indignation. Me Frank Berton a dénoncé une décision qu’il juge « honteuse et scandaleuse », estimant que la justice aurait outrepassé son rôle en modifiant l’analyse des faits. Selon lui, cette décision s’inscrit dans une série d’affaires où les violences impliquant des policiers suscitent des interrogations sur le fonctionnement de l’institution judiciaire. L’avocat représente Mounia Merzouk, la mère de l’adolescent décédé, qui continue de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances du tir qui a coûté la vie à son fils.
La cour d’appel écarte l’intention homicide

Dans son communiqué, la cour d’appel de Versailles a expliqué les raisons de sa décision. Les magistrats ont estimé qu’il n’était pas établi que le policier impliqué, Florian M., avait l’intention de donner la mort au moment du tir. Cette analyse diffère de celle retenue précédemment par les juges d’instruction, qui avaient décidé de renvoyer le fonctionnaire devant une cour d’assises pour répondre de l’accusation de meurtre. L’agent de police avait contesté cette qualification et avait fait appel de cette décision. Après examen du dossier, la cour d’appel a donc choisi de ne pas retenir l’intention homicide, modifiant ainsi le cadre judiciaire dans lequel l’affaire sera jugée.
Un désaccord juridique entre la défense et les magistrats
Pour Me Berton, cette décision pose un problème de principe. L’avocat estime que la cour d’appel aurait dû se limiter à vérifier l’existence de charges suffisantes pour un procès, sans trancher elle-même la question de l’intention de tuer. Selon lui, ce débat aurait dû être laissé à l’appréciation des jurés d’une cour d’assises. En affirmant que l’intention homicide n’était pas démontrée, la cour aurait, selon la défense de la famille, anticipé une conclusion qui aurait dû être discutée lors d’un procès. L’avocat affirme également que cette interprétation s’écarterait de certaines jurisprudences existantes concernant l’usage d’une arme à feu dans une zone vitale du corps.
Une qualification des faits qui change la juridiction compétente

