L’exclusion frappe d’emblée. Les 67 millions de Français métropolitains n’ont aucun droit à cette allocation. Pire encore : Mayotte, pourtant département d’outre-mer depuis 2011, reste exclue du dispositif sans explication officielle.
« C’est une discrimination territoriale assumée », dénonce un élu local guadeloupéen. Cette aide créée en 2001 maintient une France à deux vitesses où l’âge de 55 ans ouvre des droits uniquement selon son code postal.
La géographie détermine tout. Un Martiniquais de 55 ans au RSA depuis deux ans peut prétendre aux 608,91 euros mensuels. Son homologue parisien ou lillois dans la même situation n’aura rien. Une différence de traitement que l’État justifie par les « spécificités économiques ultramarines ».
Cette sélectivité géographique explique en partie le faible nombre de bénéficiaires. Avec seulement 2,1 millions d’habitants dans les territoires concernés, le vivier reste mécaniquement restreint. Mais d’autres conditions draconiennes viennent encore réduire le nombre d’éligibles.

Conditions Draconiennes : Le Parcours Du Combattant Administratif
Ces conditions révèlent un véritable parcours du combattant. Pour prétendre au RSO, il faut d’abord percevoir le RSA depuis au moins deux ans sans avoir travaillé. Une première barrière qui élimine d’emblée les chômeurs récents ou les travailleurs précaires.
Mais l’exigence la plus brutale arrive ensuite : s’engager définitivement à quitter le marché du travail. « C’est un contrat de renonciation », explique un travailleur social martiniquais. Une fois le RSO accordé, impossible de reprendre une activité professionnelle sans perdre l’allocation.
